Everest

Publié le par ninilechat

Pas pour tout le monde. Pour ceux qui aiment la haute montagne et que l'Himalaya fait rêver.... de loin; et surtout, pour ceux qui ont adoré le passionnant ouvrage de Jon Krakauer Tragédie à l'Everest, le plus formidable thriller jamais écrit -parce que c'était du vécu. Ce jour du 11 mai 1996 où huit alpinistes, dont trois guides, allaient perdre la vie en redescendant de l'Everest. Vous aimez la plage /parasol? Passez votre chemin sans hésiter!

Rappelons que Krakauer a aussi écrit Into the Wild dont Sean Penn a su tirer un magnifique film.

Eh oui, dans ces années 1996, l'Everest, c'était un business et des sociétés se montaient pour emmener au sommet des alpinistes non-professionnels. Il n'y a en effet pas de difficultés particulières (entre très gros guillemets...), c'est à dire qu'il n'y a pas de parois rocheuses demandant une technique affinée; il y a beaucoup de montées sur glace, raides certes, mais avec des passages entièrement équipés par des cordes. Pas réservé donc aux guides de haute montagne et aux grimpeurs de haut vol, un peu comme le Mont Blanc.

Sur le plan technique, paradoxalement la plus grande difficulté se situe après le camp de base, c'est la cascade de glace où des crevasses monstrueuses sont franchies sur de légère échelles -là, la 3D vous en met plein la vue.... Oui mais.... 8000 m! ce qui veut dire le manque d'oxygène qui fait du moindre effort une torture, le froid qui tue si on se laisse surprendre par la nuit, les tempêtes dantesques, la labilité du temps qui rend les prévisions climatiques très difficiles. L'homme n'est pas fait pour survivre à ces altitudes.

C'est donc à qui, parmi ces société commerciales, réussira à mettre le plus possible de clients en haut.... Et, le 10 mai 1996, il y a beaucoup trop d'expéditions sur l'Everest. Ca bouchonne aux passages délicats! Jon Krakauer (interprété ici par Michael Kelly, oui, celui de House of Cards!), journaliste et alpiniste, qui devait couvrir un reportage sur le camp de base, décide de faire l'ascension en compagnie du groupe d'Adventure Consultants dirigé par le Neo-Zélandais Rob Hall (Jason Clarks) - sérieux et très professionnel, on peut quand même être surpris par le fait qu'il n'y a qu'un seul guide pour 6 à 8 clients! Dans son groupe il y a Beck (Josh Brolin), caricature de riche texan hâbleur et sûr de lui, Doug (John Hawkes), postier de Seattle qui a déjà échoué une fois tout près du sommet, et pour qui réussir devient une exigence vitale (mais il est épuisé et il traîne: c'est à cause de lui que la redescente va s'engager après l'heure limite) ainsi qu'une japonaise qui a déjà plusieurs hauts sommets de l'Himalaya dans les pattes

Parmi les autres équipes il y a Mountain Madness dirigée par Scott Fischer (Jack Gyllenhaal). Fischer semble moins pro que Hall; il ne s'économise pas; il ne calcule pas sa fatigue. En tous cas, il va subir une terrible attaque de mal des montagnes. Son second, le guide kazakh Anatoli Boukreev (Ingvar Eggert Sigurasson) va faire deux allers et retours pour tenter de ramener des naufragés; il semble qu'il ait été mis en cause assez injustement par Krakauer qui, par ailleurs, pointe parfaitement les dérives commerciales de l'himalayisme; on peut imaginer que Krakauer, rentrant au dernier camp totalement épuisé, n'était pas en mesure d'évaluer correctement la situation.

Que dire du film de l'Islandais Baltasar Kormakur, sinon qu'il nous plonge totalement dans l'univers du livre, dont cependant certains aspects polémiques ont été lissés? Les prises de vues faites soit au Népal, soit dans les Alpes sont sublimes. On y est! On s'y croit! D'autant plus que le conseiller technique n'est autre que Guy Cotter, le guide qui supervisa les recherches (interprété ici par Sam Worthington) Le casting est hollywoodien, puisque parmi ces dames les épouses, on retrouve Robin Wright et Keira Knightley. Sans oublier Emily Watson qui interprète la logisticienne du camp de base. Magnifique, passionnant.... mais pour initiés

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