CAROL
Cate Blanchett en riche bourgeoise dépressive et totalement égoïste? Vous vous écriez: Blue Jasmine. Non, hélas. Todd Haynes a voulu réutiliser une équipe qui gagne.... [Le plagiat est poussé à un tel point que le mari, incarné ici par Kyle Chandler, ressemble étonnamment à Alec Baldwin] Mais autant Woody Allen avait su nous émouvoir avec cette femme qui craque de partout, autant la Blanchett l'avait incarnée de façon géniale, autant cette Carol nous laisse froid. Et pire: celle qui est une des meilleures actrices de sa génération finit par être agaçante à force de minauderies et de regards en dessous à la Bacall. Elle a reçu un Golden Globe et est en piste pour les Oscars? Ce ne serait pas la première fois qu'un acteur serait récompensé pour son pire rôle....
Au début, on se croit dans Mad Men, en beaucoup moins rigolo. Tout est léché, là, bravo pour le travail des costumiers et décorateurs; ces dames, dans leurs petits tailleurs cintrés, leurs robes sexies à force d'être strictes et leurs vilains petits bibis... Bon, Carol, tout vison dehors, s'ennuie parce que son mari, homme d'affaire, travaille trop, ne s'occupe pas assez d'elle et picole. Elle demande donc le divorce. Et la garde de leur fille. Mais comme elle trompe son ennui avec des dames, on se doute bien que dans les années 60, cela va se retourner contre elle.
Certains critiques, vous pouvez les reconnaitre, ont déliré de joie parce qu'il s'agit d'une histoire d'homosexualité: on va choquer le bourgeois! dénoncer la bienpensance! Mouais, mais le bourgeois d'aujourd'hui a adoré Brokeback mountain et considère qu'une histoire d'amour homosexuelle c'est une histoire d'amour comme les autres... Si le film est intéressant, c'est plutôt dans le choc des classes sociales. Car la jeune fille que Carol va séduire, Thérèse est vendeuse, elle a des copains et un amoureux de son âge tout en rêvant vaguement de devenir photographe. C'est la seule bonne surprise du film: Rooney Mara, à mille lieux de son rôle dans Millenium, silhouette fragile sous sa frange comme une Audrey Hepburn triste....
On s'ennuie ferme pendant le road movie des deux amoureuses de motels miteux en hôtel chic, au hasard des villes. Verdict: aucun intérêt. Mais je suis sans doute partiale, car si il y a bien un type au monde qui m'insupporte -et qui pourrait tout juste servir au besoin de tête à claque, c'est la riche bourgeoise à états d'âme..