Drive
Petit polar bien noir, qui pourrait tout aussi bien être coréen tant le héros est taiseux. Ce héros, "Driver", est cascadeur; il double pour le cinéma des poursuites et des accidents de bagnole, et il travaille dans un garage dont le patron, pour tout sympathique qu'il soit, n'en a pas moins des relations fort louches. Et, la nuit, il conduit les truands qui vont commettre des casses, à deux conditions: il ne se mèle pas du casse, il n'est pas armé. Just, drive.... Voilà une vie bien organisée, une vraie vie de fonctionnaire.
Jusqu'au jour où il tombe amoureux d'Irène, sa nouvelle voisine de pallier (Carey Mulligan), une jeune mère de famille dont le mari vient de sortir de tôle, et est menacé par d'autres patibulaires à qui il doit beaucoup d'argent. Pour les beaux yeux de la minette, "Driver" va renoncer à ses principes.
C'est, par moment, brutal et sanglant -et le reste du temps, très calme. L'image est un peu terne, sans grand relief, peu de mots sont échangés, et la musique est douce, fluide, planante, comme celle qui accompagne les massages ayurvédiques. Tout cela crée une vraie atmosphère, un climat étrange et vraiment original. Mais le film doit énormément au remarquable Ryan Gosling, son masque impénétrable; il ressemble beaucoup, surtout de profil, au Tsar (le seul, le vrai, Serguei Bubka bien sûr!)
Ce jeune danois, Nicolas Winding Refn, est à suivre. j'espère qu'il ne se fâchera pas si je lui attribue le titre de coréen d'honneur!