The ghost writer
Dans la filmographie de Polansky, il y a un peu de tout, dont des chefs d'oeuvre: Le pianiste et, bien sûr, Chinatown, avec sa fin mythique « t'occupes, mec, c'est Chinatown... »
Avec The ghost writer, on retrouve une barre placée très, très haut.... Ce climat, angoissant, ce temps, gris, cette voiture abandonnée dans un ferry et le corps de son conducteur retrouvé échoué sur une plage . Cette île, au large des Etats-Unis, plate, triste dans latmosphère dhiver .. Cette maison, magnifique béton brut et bois, larges vitrages ouverts sur locéan, intrinsèquement magnifique mais qui nous apparaît ici comme glaciale, lugubre.
Le héros est donc un jeune écrivain choisi pour écrire les mémoires dun ancien premier ministre anglais, ou plutôt les réécrire car le travail avait déjà été fait, en grande partie, par celui dont la disparition ouvre le film. Adam Lang na pas, cest le moins quon puisse dire, que des amis car on laccuse davoir entraîné son pays dans la guerre dIrak. Cest donc pour cela quil a choisi cette île retirée, proche des ses bons amis américains, pour rédiger son uvre littéraire, entouré de gardes du corps aimables comme des portes de prison, de secrétaires mutiques, dune secrétaire privée (et un peu plus que cela en fait) agressive et dune femme, trompée, donc, assez mystérieuse. Olivia Williams linterprète très bien, avec ce quil faut de classe, quant aux deux protagonistes principaux, ils sont super. Quest ce quil est bien, Pierce Brosnan, depuis quon ne lui demande plus denfiler les habits bien trop grands de Connery dans les jamesbonderies. Ici, il fait dailleurs bien plus penser à Ronald Reagan quà Blair, large sourire franc (tu parles .), décontracté Quant à Ewan McGregor, quest ce que lâge lui va bien, il na plus le visage poupon du jeune Obi Wan Kenobi mais une seyante ride entre les deux sourcils. Comme Connery, justement, il ne va faire quembellir en vieillissant !
Au moment où notre nègre arrive dans ce panier de crabes, la presse vient de découvrir que Lang a livré des islamistes à la CIA pour quils soient torturés, et elle se déchaîne contre lui, il risque dêtre accusé de crimes de guerre. Il y a toute une atmosphère de secret autour du manuscrit, le héros est empêché daccéder à dautres sources, Lang et son épouse lui mentent effrontément mais son prédécesseur a laissé, cachés, des témoignages et le jeune héros va petit à petit, mener son enquête pour découvrir à quel point Lang a été, en effet, lhomme de la CIA.
Cest un thriller magnifique, intelligent, rigoureux (on sait comme souvent, dans les thrillers politique, lintrigue est tirée par les cheveux au point de devenir incompréhensible ; rien de cela ici ; rien que du logique). Quel bonheur de voir un film aussi bien fait, aussi prenant, renouant avec un cinéma classique (personnellement, jen ai ma claque des histoires de sérial killers avec les guirlandes de boyaux en guise de bande annonce).
Il faut y courir absolument