Polisse
Maïwenn a donné à Joey Starr, dont elle est très très amoureuse, le beau rôle: Fred, la brûte au grand coeur. Il ne peut pas voir un enfant maltraité sans se mettre en rogne. On peut se demander pourquoi, dans ces conditions, il ne s'occupe pas du sien au lieu de courir à droite et à gauche. Maïwenn filme avec délectation l'histoire d'amour naissante entre Fred et Mélissa, la photographe qu'elle interprète. Elle filme avec délectation sa grande silhouette squelettique, bien qu'elle ressemble un peu au produit de la copulation de Fernandel avec une babouine.
A part ça? A part ça, pas grand chose. On assiste au défilé interminable à la Brigade de Protection des Mineurs de toutes les misères enfantines, grand père tripoteur, père sodomite, prof de gym pédophile, bébé que la mère masturbe pour l'endormir, enfants roumains voleurs ou prostitués, mais aussi fillettes déja perverties qui trouvent normal de faire des pipes pour repérer un portable ou de se déshabiller devant sa webcam. Mais le tout, enfilé comme des perles, balancé sans regard, sans vision, sans explication, sauf que c'est bien vilain tout ça. Pas de démagogie: quand le papa sodomite est un aristo des beaux quartiers, avec des relations, le commissaire intervient pour qu'on ne l'embête pas. Heureusement qu'il y a Fred, la brute au grand coeur, qui lui file un grand coup de boule. Bien fait! Ahahah.......
A part cela, on voit beaucoup l'équipe entre elle, quand ils ne se crient pas dessus comme des hystériques, ils ou elles se racontent (Iris, Marina Foïs et Nadine, Karin Viard) leurs histoires de cul avec un luxe de détail. C'est qu'ils ont tous des vies privées bien compliquées, essentiellement basée sur des scènes, des cocufiages et des ruptures. La encore, on se demande comment des gens confrontés tous les jours à des enfances salopées n'ont pas à coeur de donner à leurs propres enfants un peu d'équilibre.... Mais il faut dire qu'ils ont l'air si bêtes! ignares, incultes. Bon, c'est le monde selon Maïwenn.
C'est très bien joué par tous (Nicolas Duvauchelle, secrètement amoureux de son équipière Karole Rocher, Emmanuelle Bercot, la lesbienne qui piccole. Mais enfin, ce genre de situations ne demande pas de grandes performances d'acteur...
Pourtant, il y a un film qui reste à faire. En se mettant dans la peau d'un de ces pères abuseurs. Impossible. Il aurait forcément aussi des côtés sympathiques (si c'est juste une brute alcoolique, ça n'aurait aucun intéret). Insoutenable. Voyez comme c'est insoutenable, cette chose que les gens "normaux" (je n'aime pas le terme, personne n'est "normal", d'ailleurs les gens vraiment "normaux" font peur, mais vis à vis de l'inceste, il y a clairement les "normaux" et les autres) ne peuvent supporter, qu'un homme (ou une femme) abuse de ses propres enfants, aucun cinéaste même très fort dans la provocation n'a osé s'y attaquer....